Convoi syndical pour la Tchetchénie

Mars 2003

l'école du camp de Bart

L'école du camp de Bart

Après la prise d'otages de Moscou, la situation de la population tchétchène s'aggrave.
Les forces fédérales sont omniprésentes et patrouillent désormais dans quatre camps de réfugiés. Grozny est plus dangereuse que jamais. En Ingouchie, les autorités avec l'aide de l'armée russe, ferment les camps de tente et forcent les réfugiés à rentrer contre leur gré en Tchétchénie. Les capitales « démocratiques » sont muettes et laissent ainsi s'accomplir cette atteinte sans précédent au droit des réfugiés de guerre.
En Géorgie, les réfugiés sont victimes des opérations « anti-terroristes » menées par l'armée géorgienne avec l'appui de 200 conseillers militaires américains.

Plus que jamais la population tchétchène a besoin de notre solidarité.

Table des matières

Après la prise d'otage de Moscou

Plus que jamais,
Solidarité avec le peuple
Tchétchène et les réfugiés

La prise d'otage à Moscou le 23 octobre a brutalement rappelé à la Russie la sale guerre qui est menée depuis trois ans en Tchétchénie contre tout un peuple, victime quotidiennement des actions terroristes des forces armées russes. Rafles, exécutions sommaires, bombardements aveugles frappent indistinctement femmes, enfants, vieillards. En même temps, cette barbarie au quotidien ne peut être arrêtée par des méthodes barbares. Quel que soit le désespoir accumulé, rien ne saurait justifier la prise d'otage à Moscou.

Tragédie

Celle-ci s'est terminée en tragédie. 119 otages sont morts lors de l'assaut des troupes spéciales russes Ils ont presque tous été victimes des émissions des gaz employés par les forces spéciales lors de l'assaut. Les preneurs d'otages ont tous, sauf deux, été sommairement abattus. Les victimes sont nombreuses, trop nombreuses pour justifier le ton triomphant du pouvoir russe et de la majorité des médias russes.
Trop nombreuses surtout pour admettre le blocus de l'information qui a entouré cette opération.. Même les médecins ont manqué d'information nécessaire sur la composition du gaz utilisé lors de l'assaut. Mais la réputation du pouvoir, qui se veut fort et terrassant le terrorisme, n'est-elle pas bien plus importante que la vie de quelques civils ?
C'est toujours la même désinformation, celle qui tait les horreurs de la guerre qui se poursuit en Tchétchénie, celle qui passe sous silence les souffrances des réfugiés tchétchènes, celle qui empêche les journalistes et les organisations internationales de faire leur travail. On s'en doutait depuis longtemps, mais on en acquiert la certitude aujourd'hui: la vie humaine ne vaut pas grand chose au yeux du pouvoir russe s'il en va de sa réputation et de son autorité. Une déclaration en ce sens a été faite par un représentant de l'association russe de défense des droits de l'homme « Mémorial ». Nombreux sont ceux, parmi la population russe, qui commencent à se poser des questions.

Les aberrations de la politique de Poutine

La tragédie de la prise d'otage montre à quelles aberrations conduit la politique de Poutine en Tchétchénie: force brute, désinformation, manipulation de l'opinion publique et impunité des crimes menés par les troupes russes. Or, entouré du prestige d'une « opération anti-terroriste réussie », le pouvoir russe risque fort de poursuivre sa politique d'extermination de tout un peuple, arguant d'une nouvelle légitimité à l'échelle internationale. Depuis le 28 octobre les troupes russes en Ingouchie assiègent quatre camps de réfugiés et contrôle les allers et venues des réfugiés. Des soldats patrouillent dans les camps. Les ONG et le haut commissariat aux réfugiés de l'ONU ont exprimé leur vive préoccupation vis à vis de cette situation. Les armées russes remettent en cause les droits des réfugiés reconnus par les conventions internationales. Elles mettent le doigt dans un engrenage pernicieux et refusent d'offrir aux réfugiés une protection en les distinguant des combattants. Nous disons danger.
C'est pourquoi, aujourd'hui plus que jamais, il importe de manifester notre solidarité avec le peuple tchétchène.

trois orphelines du camp de Nardterechnoe

Trois orphelines du camp de Nardterechnoe

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La situation régionale

Une pression grandissante
sur la population tchétchène

Nous étions en Ingouchie et en Tchétchénie début octobre.
En ce début octobre 2002, la guerre en Tchétchénie est invisible mais omniprésente. Elle est invisible car le lieu du crime est inaccessible. Grozny est fermée aux étrangers. Il y a les autorisations à demander, les check points militaires à franchir, les protections, obligatoires ou presque, à trouver. Résultat : même les plus vaillants regardent à plusieurs fois avant de s'y rendre. La nouveauté est que les mesures de dissuasion ont pris une telle dimension qu'elles deviennent efficaces. Seuls les Tchétchènes et les Ingouches se rendent à Grozny et souvent avec de l'appréhension. En novembre 2000, la situation était bien différente. Les Tchétchènes voulaient montrer leur ville. C'était une forme de protestation : montrer le niveau de destruction, présenter cette population qui malgré tout continuait de vivre à Grozny dans des conditions si difficiles. Mais aujourd'hui c'est la peur qui l'emporte. Le retour « à la normale « est loin. Entre les exactions des forces fédérales, les 500 000 mines dispersées et l'insécurité ordinaire le danger est grand. Et peu de gens sont prêts à l'affronter sans raisons impérieuses.
Le danger, c'est la guerre. Au cours du mois d'août et de septembre trois hélicoptères russes se sont écrasés vraisemblablement abattus par les combattants tchétchènes. Le 26 septembre un affrontements a eut lieu entre une colonne de combattants et l'armée russe en Ingouchie. Et au début octobre le commissariat de Grozny a sauté.

Les réfugiés de Géorgie dans le collimateur

Le gouvernement russe a accusé la Géorgie de protéger des combattants tchétchènes réfugiés dans la vallée du Pankissi. La Douma et la présidence ont menacé la Géorgie de bombardements en cas de non-coopération au nom de la lutte contre le « terrorisme ». Les autorités géorgiennes avec l'aide de 200 conseillers militaires américains ont lancé une vaste opération de lutte contre ces « terroristes ». Plusieurs personnes suspectées d'être des combattants ont été arrêtées et sont menacées très sérieusement d'extradition vers la Russie. Les autorités géorgiennes et russes ont trouvé un accord et organisent désormais des contrôles communs de la frontière afin d'empêcher que des combattants tchétchènes puissent trouver refuge en Géorgie.
C'est ce contexte d'intense activité militaire qui explique le plus l'insécurité. Plus de trois ans après le début des opérations militaires l'armée russe ne contrôle toujours pas la situation. Cela montre très clairement qu'il ne peut y avoir de solution militaire du côté russe. Du côté tchétchène la situation se complique surtout sur le plan politique. Le contexte de l'après 11 septembre 2001 a crée une plus grande solidarité entre les USA et la Russie dans le lutte contre le « terrorisme ». Dans le Caucase les Tchétchènes sont ainsi abandonnés de toute part. La part active de la Géorgie dans la chasse aux combattants avec l'aide puissante des conseillers militaires américains est un coup dur pour la résistance.

tentes du camp de Bart

Le camp de Bart

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La situation des réfugiés.

Les réfugiés des camps
menacés d'expulsion

Ils ne rentrent pas

Malgré toutes les affirmations des autorités annonçant le retour en Tchétchénie de dizaines de milliers de réfugiés, nous avons pu constater sur place qu'il en va différemment. Les réfugiés, y compris ceux des camps de tente voudraient rentrer chez eux, mais ils ne le peuvent pas.

Ils ne rentrent pas

Ils ne peuvent pas en raison d'abord de l'attitude des forces russes. Tout homme tchétchène de plus de 14 ans est encore systématiquement suspecté d'être un combattant. Le risque est d'être pris et emmené dans les camps de filtration. Les hommes ne veulent donc pas rentrer et du coup les familles ne le veulent pas non plus. De plus les opérations dites de « nettoyage » continuent. Elles sont organisées de manière systématique. Et elles sont l'occasion d'exactions des soldats russes. La population est terrorisée. Les pillages sont monnaie courante. Tant qu'il en ira ainsi, les réfugiés n'auront aucune envie de rentrer en Tchétchénie.
Les réfugiés redoutent également les conditions du retour. Ceux qui en juillet sont rentrés l'ont fait dans de très mauvaises conditions. On leur avait promis des logements rénovés dans des PVR, (Centres Temporaire de Logement) et des aides au retour qu'ils n'ont pas reçues. Les logements rénovés sont peu nombreux et ont été mobilisés en partie pour reloger les victimes des inondations du mois de juin : 2 500 logements sont devenus inhabitables et il a fallu reloger 9000 personnes.
Selon Médecins du Monde les conditions de vie dans certains PVR -Centres de Temporaire de Logement- sont « inacceptables : le gaz n'est pas branché, l'électricité est aléatoire, l'eau manque, pas de distributions de lits, ni de matelas, les gens dorment à même le sol, les attentes sont souvent interminables pour obtenir une pièce. »
De plus, ajoute Médecins du Monde, les conditions de sécurité sont telles que « certains réfugiés reviennent déjà en Ingouchie après quelques jours passés dans les PVR à Grozny. Dans la capitale, comme dans le reste de la République, l'insécurité est permanente. Les tirs d'armes automatiques, d'obus et de roquettes sont fréquents la journée, incessants la nuit ».
Désormais les autorités proposent aux réfugiés de monter une tente devant leur logement en attendant qu'ils accomplissent eux mêmes les travaux nécessaires.

Arrêt de nouveaux enregistrements

La volonté de faire diminuer le nombre des réfugiés se traduit aussi par la décision de ne plus enregistrer de nouveaux réfugiés. Par exemple ceux qui sont partis en juin et qui suite aux inondations ont décidé de revenir ne peuvent plus être enregistrés. De même certains de ceux qui quittent les camps de tente pour le secteur privé ne peuvent plus prétendre à certaines aides. Or la fluidité entre la Tchétchénie et l'Ingouchie pour les habitants locaux est beaucoup plus grande qu'on ne peut l'imaginer. On peut vivre en Ingouchie et travailler en Tchétchénie. On peut être réfugié dans un camp de tente et étudier à l'université à Grozny. La plupart des réfugiés ont encore un appartement ou une maison (souvent en ruine) quelque part en Tchétchénie. Certains vivent en Ingouchie pour de « simples » raisons de sécurité. Dans ces conditions appliquer des critères administratifs pour l'enregistrement des personnes déplacées relève purement et simplement de la volonté de faire baisser artificiellement le nombre des réfugiés.
Les autorités ingouches estiment également que la situation des réfugiés dans les camps de tente est inacceptable (ce qui est vrai). L'hiver dans le Caucase est glacial. Les températures moyennes en témoignent.

Températures moyennes

  Décembre Janvier Février Mars
Grozny 0 -3 -2 3
Paris 5 4 4 7
Moscou -6 -9 -8 -2

En conséquence le gouvernement ingouche souhaite que ces réfugiés puissent être relogés dans de meilleures conditions. Mais cette orientation pose néanmoins de nombreux problèmes. D'abord certains réfugiés qui sont dans des « lieux d'implantation spontanés » sont dans des conditions encore plus inacceptables et disposent de moindre prise en charges par les organisations internationales. On peut donc, dans certaines conditions, quitter des camps de tente pour se retrouver dans une situation encore pire. D'autre part l'existence de camps est génératrice de droit pour les réfugiés. Par exemple on y ouvre des écoles (en nombre insuffisant il est vrai). Il reçoivent des aides alimentaires en provenance du Programme alimentaire mondial et des d'autres aides d'ONG. Disséminés à travers l'Ingouchie, ils perdront ces droits. La volonté de ne plus enregistrer ces réfugiés et de faire disparaître les camps conduit tout simplement à leur contester en droit et en fait le statut de réfugiés.1

Construire des bâtiments en dur

On en revient à une question lancinante : comment sortir correctement et humainement de ces camps de réfugiés. Il faudrait d'abord, ce qui nous semble un minimum, que les décisions soient discutées avec les intéressés et non pas imposées par des autorités appuyées sur la police et l'armée. Ensuite il est indispensable que l'on offre aux réfugiés des conditions de logement alternative décentes. En Bosnie par exemple, certains camps de réfugiés (en particulier pour ceux de Srebrenica) sont maintenant faits de maisons en dur. Elles ont été construite par des ONG sur la base de financement internationaux (ECHO, l'organisme humanitaire de l'UE, par exemple). On est loin de palaces. Les maisons sont petites. L'espace reste réduit. Tout le monde dort dans la même pièce. Mais il y a au moins une cuisine, des sanitaires corrects, et du chauffage. Trois ans après le début des opérations militaires il est invraisemblable qu'aucun financement des organisations internationales ne viennent s'attaquer à cette situation ; Et cela vaut aussi évidemment pour les réfugiés qui sont dans le secteur privé ou dans les « lieux d'implantation spontanés ».

1.Officiellement selon le droit russe et le droit international les réfugiés n'ont pas le droit au statut de réfugiés. Ils sont considérés comme des « personnes déplacées » car ils n'ont pas quitté leur pays à savoir la Russie. Il en va de même en Bosnie, où les réfugiés de Srebrenica n'ayant pas quitté la Bosnie sont de simples personnes « déplacées ».

Vous êtes en danger

« Vous êtes en danger. Ils (les Tchétchènes) parlent de la nécessité de tuer tous les Kafirs , tous les non Musulmans, tous les croisés comme ils disent. Si vous êtes chrétien, vous êtes en danger. Mais si vous rejetez votre religion et devenez athée, leur mode de pensée et leurs traditions vous désignent encore pour être liquidé. Vous êtes en danger si vous vous convertissez à l'Islam. Même cela ne vous sauvera pas parce qu'ils considèrent que l'Islam traditionnel est hostile à leurs objectifs. Même dans ce cas vous êtes en danger.
Si vous voulez devenir un islamiste radical au plein sens et êtes prêts à subir la circoncision, alors je vous invite à Moscou. Nous sommes un pays multiconfessionnel. Nous avons aussi des spécialistes de cette question. Je vous recommanderai de subir cette opération de telle façon que rien ne repousse. »

Vladimir Poutine, Bruxelles, le 11 novembre 2002.

Kafirs : Selon le Robert : « (infidèles). Nom donné par les Afghans musulmans à un groupe de peuplades indo-européennes des hautes vallées de l'Hindû-kush, demeurées réfractaires à l'Islam jusqu'au début du XX° siècle. »

Gamins du camp de Bart

Gamins du camp de Bart

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Russie

Un pouvoir de plus en plus autoritaire et libéral

La réaction du pouvoir à la récente prise d'otage est venue rappeler à qui l'aurait oublié l'autoritarisme du nouveau pouvoir poutinien et sa détermination à ne reculer devant rien, pas même devant le sacrifice de vies humaines. Tout a été fait pour sauvegarder la réputation d'un pouvoir fort : prise d'assaut du théâtre où étaient retenus les otages, emploi massif d'un gaz à la composition tenue secrète (y compris pour les médecins), terroristes massacrés sur place d'une balle dans la nuque, médias chantant les louanges d'une opération «parfaitement réussie», censure sur l'état des otages et le nombre exacte des victimes, quasi-consensus à la Douma pour applaudir la politique du pouvoir. Non, décidément, la vie humaine, quelle que soit sa nationalité, ne vaut rien au regard des intérêts tout puissants de l'Etat. Et, dans les jours qui suivent le drame, nous assistons en Russie à une remontée de la vague nationaliste et chauviniste, savamment orchestrée par des médias fermement contrôlés. D'issue politique à la guerre en Tchétchénie, il n'est plus question. Mais quand donc la société russe se ressaisira-t-elle de la politique ?

Léthargie

Vivant depuis quelques années en Russie et militant au côté des maigres forces de résistance sociale, j'ai parfois l'impression que la Léthargie ne finira jamais. Pourtant, «dans les cuisines», comme on disait du temps de l'union soviétique, les critiques ne manquent pas. Pourtant, les actions de protestation reprennent de la vigueur ces derniers temps, à la suite des réformes ultra-libérales menées par le gouvernement. Pourtant certaines évolutions positives s'observent même sur le plan organisationnel, alors que des coalitions politiques et syndicales se constituent. Mais tout ça reste encore une goutte d'eau dans l'océan d'indifférence ou de méfiance politique.
Ce rejet du politique prend ses racines dans le passé soviétique, mais a été fortement renforcé par les désillusions consécutives à la «thérapie de choc», par l'effondrement brutal du niveau de vie et par la perte non moins brutale des repères existentiels. La société n'en peut plus de subir choc sur choc, crise politique sur crise financière, guerre sur guerre. C'est dans cette prostration sociale, où chacun est occupé avant tout à tenir le coup et à survivre, que se s'enracine le «phénomène Poutine». Tout va mal, tout s'effondre, alors on se retient au dernier espoir. On voit Poutine à la télévision parlant d'égal à égal avec Bush, on le voit en jeune sportif dynamique, on l'entend parler d'une voix ferme et rassurante, dans un langage proche du peuple. Si on se mettait à douter de cet homme-là, qui a l'air d'un vrai chef d'Etat, qu'est-ce qu'il resterait de motivation au «vivre ensemble»?
Même les réformes qu'il impulse ne sont pas jugées négatives, la majorité admettant que la Russie a besoin de réformes pour relancer son économie, stopper l'effondrement social et «mettre de l'ordre» dans une société rongée par la corruption et l'informalité (ou contournement des lois). En apparence, Poutine agit en ce sens. Les oligarques semblent mis au pas, les plus connus d'entre eux ayant trouvé refuge en France ou en Grande-Bretagne. Et les réformes vont bon train, soutenues par une Douma sous contrôle. Mais le contenu de ces réformes n'est pas discuté, il n'est pas même véritablement rendu public. Or ce sont toutes des réformes inspirées du programme ultra-libéral du FMI et des autres institutions internationales. L'ultra-libéralisme s'accompagne de l'autoritarisme nouvellement revenu à la mode pour cause de « lutte contre le terrorisme international ».

Réformes autoritaires et libérales

Ce mélange donne, entre autres, un code du travail récemment réformé pour rendre licenciements et heures supplémentaires plus faciles et moins coûteux et pour enlever aux syndicats alternatifs (les plus combatifs) les ressources juridiques dont ils étaient pourvus jusque-là. C'est également la réforme de la loi sur les partis politiques, qui obligent ceux-ci à un parcours d'obstacles ardus pour avoir le droit d'être reconnus légalement (enregistrement obligatoire - et coûteux - des organisations locales du parti dans plus de la moitié des régions de Russie). C'est la nouvelle loi sur l'extrémisme qui assimile extrémisme et critique à l'égard du pouvoir. C'est la loi sur la privatisation des terres agricoles qui va rapidement profiter aux quelques gros capitalistes russes. C'est la privatisation (pour l'instant rampante et habilement dissimulée sous des habits de « restructuration ») qui commence à happer le secteur public (train, transport aérien, énergie, eau, téléphone, secteur communal). C'est la nouvelle loi sur les étrangers qui transforme le séjour sur le territoire russe en enfer, augmentant encore le nombre de papiers et autorisations à obtenir (en général non sans bakchich). C'est la réforme fiscale qui oblige les régions à reverser une part de plus en plus grande des impôts locaux au centre, alors que le pouvoir central délègue de plus en plus d'obligations financières aux régions. C'est le système de protection sociale qui n'en finit pas de se rétrécir comme une peau de chagrin: introduction des fonds de pension, allocations sociales « ciblées » (qui ne touchent que 8% des 35% de la population vivant en-deçà du seuil de pauvreté), allocations chômage inexistantes...

Diminution des transferts sociaux

Economiquement, on assiste certes à une stabilisation dans la dépression. Mais les retards dans le paiement des salaires reprennent depuis quelques mois et le salaire moyen n'augmente guère (60 euros), le salaire minimum n'existant toujours que symboliquement (15 euros). Or, c'est dans ces conditions que sont diminués les transferts sociaux (il faut bien économiser quelque part afin de pouvoir rembourser la dette extérieure!) et qu'augmentent les dépenses des ménages: croissance du coût du téléphone, des transports, de l'électricité, du gaz, de l'eau, du loyer communal, de l'entretien des logements communaux. Ces dépenses cumulées excèdent déjà le montant total des ressources de nombre de ménages. Qu'à cela ne tienne, s'ils n'ont pas les moyens de payer, l'Etat prévoit de les reloger dans des foyers (déjà surbondés et dans un état sanitaire critique) ! Et toutes ces réformes sont enveloppées dans un beau papier cadeau. Elles sont présentées comme une rationalisation économique permettant un apport de fonds nécessaires aux travaux de rénovation des infrastructures collectives. Mais le beau schéma se heurte à une réalité toute autre. Les tarifs augmentent depuis déjà plusieurs années, sans que la population ne remarque aucune amélioration du côté des services publics. Pire même, elle paie parfois plus que les fameux « 100 % » du coût réel, objectif affirmé des réformes. C'est notamment le cas pour le gaz et l'eau, les habitants supportant les frais de la mauvaise qualité des conduites et de la surévaluation des normes de consommation. Une autre justification, libérale et apparemment censée, est de mettre fin au système des «avantages sociaux» (les rabais accordés aux personnes selon des critères infiniment nombreux, et qui touchent plus de 26 millions de personnes, allant des « vétérans du travail » aux anciens combattants). Le raisonnement pourrait être socialement fondé s'il s'accompagnait du souci de mettre en place une réelle protection sociale, des systèmes d'allocations sociales suffisantes pour les personnes sans ressources, et surtout si le salaire minimum était fixé légalement à la hauteur du minimum vital. Or les déclarations des responsables gouvernementaux font clairement entendre que ce type de réforme est reporté aux calendes grecques.
Les seuls à mener des actions et campagnes axées sur des problèmes concrets et susceptibles d'être repris par la population sont les associations mobilisant un public ciblé (associations de retraités, de vétérans du travail, d'invalides, écologistes, féministes, petits entrepreneurs des marchés de rue...) et surtout les syndicats alternatifs, qui voient leurs rangs s'élargir suite à l'offensive patronale sur les droits des travailleurs qui se renforce depuis la réforme du code du travail. Ces derniers commencent en effet à utiliser la seule possibilité qui leur a été offerte par la nouvelle législation du travail: le droit de grève en cas de non-paiement du salaire.

Campagne contre les réformes communales

La campagne contre les réformes communales se développe : rassemblements et piquets dans les régions, pétitions et lettres aux députés, campagne de presse. Un député à la Douma (Oleg Shein), a présenté un projet alternatif de réforme qui prévoit le maintien des réductions de tarifs pour les catégories sociales « aidées », l'installation de compteurs de gaz et d'eau à la charge de l'Etat, la transparence et le contrôle de gestion des entreprises de maintenance des logements communaux. Cette campagne est relativement réussie, le vote sur le sujet ayant déjà été repoussé trois fois par le gouvernement, et le ministre en charge du secteur ayant été remercié. Il ne faut pas pour autant exagérer le poids de cette campagne, très en marge du système politique. C'est un vecteur de mobilisation sociale sur des thèmes concrets touchant à la vie quotidienne de la population. C'est néanmoins l'espoir politique le plus réel de ces derniers temps pour des milliers de gens, ouvriers, salariés, retraités, petits entrepreneurs. Si elle parvient à forcer le barrage médiatique et à conserver le cap de l'opposition et de la lutte sociale,elle devrait au moins aider à la remobilisation sociale.

Carine Clément

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L'action du Convoi Syndical

Soutenir les écoles
et un orphelinat

Il est, malheureusement, de plus en plus difficile de réaliser ce que nous avons entrepris. Un lot de 5 tonnes de farine que nous avions acheminé en liaison avec le Secours Populaire est bloqué depuis février dernier en douane... en attendant que des contrôles portant sur d'autre partie du convoi soient accomplis. Un réfugiés nous a dit : « ils ne laissent pas passer les marchandises avant qu'elles soient périmées ». C'est certainement exagéré2, mais certains délais sont clairement inacceptables et inadmissibles. Les déplacements pour se rendre en Tchétchénie sont de plus en plus problématiques et coûteux compte tenu des problèmes de protection (150 dollars jours minimum). La simple présence en Ingouchie devient quasiment un exploit et est payante. Elle n'est possible que contre paiement d'un droit auprès des autorités et après un entretien avec le FSB. Nous n'avons pu rester en Ingouchie que grâce à l'intervention d'un député à la Douma (Oleig Shein) auprès du président Ingouche. C'est sur ordre du président que le ministère de l'intérieur ingouche a accepté de nous enregistrer.

Nos projets en cours de réalisation

Lors de notre précédente mission nous avions décidé de financer 2 projets.

Nous nous sommes rendus compte de l'immense difficultés de la réalisation du second projet. Des livres ont été acheté à Moscou par l'ONG polonaise IHI (International Humanitarian Initiative). Mais il n'a toujours pas été possible de les transporter jusqu'à Nazran à des coûts acceptables. La situation devrait se débloquer dans les jours qui viennent. Ensuite il y a la difficulté à transporter ces livres vers Grozny en passant les check points. Pour la réalisation de petits travaux pour améliorer le système de chauffage il en va de même. Il faut que quelqu'un se déplace sur place pour diriger les travaux. Or c'est comme on l'a vu de plus en plus difficile.

orphelins du camp de Natcheretchnoe

Orphelins du camp de Natcheretchnoe

Nos nouveaux projets

Nous avons donc décidé de réorienter au moins provisoirement notre action vers des projets qui soient réalisables. Nous avons débloqué deux mille euros pour la réalisation de douches à l'orphelinat de Nardterechnoe situé au nord de la Tchétchénie et pour le soutien matériel à huit écoles de réfugiés en Ingouchie. Nous envisageons également en fonction des sommes que nous allons collecter de financer la réhabilitation d'une école (ou d'un centre culturel et éducatif) à Grozny et de soutenir un projet de centre Internet éducatif pour les réfugiés. Ce centre est à Nazran. Il est piloté par l'ONG polonaise IHI. Il permettra aux jeunes réfugiés de disposer de leur propre site web et de communiquer avec des jeunes du monde entier.

L'orphelinat de Nardterechnoe.

Nous nous sommes rendus sur place le 5 octobre. Les 90 enfants venaient en majorité de Grozny (60, lors du précédent voyage, il y a 6 mois). Il règne dans ce lieu une atmosphère de paix relative. Le village est sûr mais le banditisme est généralisé dans la région. Nardterechnoe est à 40 kilomètres de Grozny.
Les enfants ne vivent que grâce à la sollicitude de quelques veuves de guerres tchétchènes, de quelques femmes de la localité et de l'aide de la petite ONG polonaise (IHI).
Quand nous arrivons les garçons dans la cour s'empressent de venir de nous saluer à la manière locale, enveloppant la hanche. Des enfants portent les traces d'une souffrance infinie. Cinq d'entre eux était tuberculeux, -combien d'autres seront contaminés d'ici peu ? les dortoirs exigus ne permettant malheureusement aucune séparation des enfants malades. Les lieux sont étroits -250m2 ?-, confinés, les odeurs de cuisine et de renfermé frappent dès l'entrée dans le bâtiment principal. On a retiré du corps d'un de ces orphelin 17 éclats d'obus, un autre enfant ne se souvenait plus qui il était, il avait passé 15 jours dans une cave de Grozny au plus fort des bombardements. Une jeune fille venait de subir quatre opérations à la jambe handicapée qu'elle était par trop de stress, trop de solitude. Une autre victime d'un viol sans rapport direct avec la guerre nous dit-on traîne sa maigreur et sa solitude dans la cour. Toutes les maladies du monde se retrouvent sur ces orphelins aux têtes rasées, (la moitié des enfants avaient des poux) et au visage de petits forçats dans des vêtements usés par trop de lavages.
Ces enfants sont tchétchènes, russes, ingouches. Certains viennent de l'orphelinat de Grozny, partis en hâte après 15 jours de bombardements, enfants défavorisés par la misère et les difficultés familiales, ils se trouvent maintenant dans un bâtiment plus petit, d'autres se rajoutent régulièrement, des soldats russes avaient amené deux enfants la semaine précédente qui ont été refusés faute de place. La plus jeune de ces enfants a 3 ans, le plus âgé 17, ils sont parfois des fratries entières. Les parents sont morts, ou sans ressource, une gamine du village est arrivée là après que sa mère soit partie pour un voyage sans retour à Grozny. La directrice et certaines des femmes qui travaillent ici se promènent avec des enfants en recherche de tendresse collés en grappe autour de leur ventre.
Les locaux sont à l'avenant. Nous sommes ici dans une cour autour de laquelle s'ordonne une université, un lycée et l'orphelinat. La cour est vite boueuse ou poussiéreuse selon la saison. Son sol est fait de terre sommairement battue.
On nous dit qu'il y a des vêtements en quantité. Mais le lavage et surtout le séchage sont des problèmes infinis. Il n'y a pas de fils en nombre suffisant pour étendre le linge : des vêtements sèchent sur la grille extérieure car il fait beau. Mais en hiver il n'y a ni buanderie ni préau où faire sécher le linge. Et les séchoirs électriques sont des objets de luxe qui n'ont pas encore pénétré le Caucase.
L'orphelinat occupe les locaux d'une ancienne école maternelle. A l'intérieur trois petites douches installées à même le sol font office de salle de bain, le tour de rôle prend du temps. Des dortoirs bondés où suinte l'humidité, encouragent la prolifération des maladies respiratoires, il n'y a aucun appareil de chauffage à l'intérieur et l'hiver arrive vite. A côté, une petite cuisine propre et bien tenue, on peut y manger à 20/30 au maximum. A tour de rôle, les enfants viennent manger un plat simple mais roboratif : du riz avec de la viande ou de la soupe plus un thé et du pain. Ils ne se plaignent pas, maintenant il y a de la viande, ce n'était pas le cas l'année dernière quand, quasiment abandonnés à eux-mêmes, ils n'avaient rien pour manger. Les dortoirs se composent de lits superposés à deux places, que les enfants apprennent tôt à escalader, il n'y a pas de chauffage dans certains d'entre eux.
Ne croyez pas que l'endroit soit sombre et sordide non, tout fonctionne, tout est méticuleusement ordonné, tout est sourire, un billard a même été offert par une ville et permet aux plus grands de pouvoir jouer et oublier le bruit de la guerre. Dans le couloir transformé où s'entassent pleins de petits bancs (il y des tapis partout), un groupe regarde la télévision, les plus grands de ces orphelins, prennent en charge les plus jeunes de 4 à 8 ans. Dans la cour, deux conteneurs de transports abandonnés ont été aménagés par le personnel éducatif. Un conteneur sert de crèche pour les tout-petits, faute de place, il sert aussi de dortoir à des enfants qu'on emmène ici quotidiennement. Un autre conteneur est devenu un coin de campagne, avec poster de paysage sylvestre et bruit enregistré de cascade pour essayer de déstresser celles et ceux qui ont des troubles du comportement, ils sont nombreux. On nous montre une vidéo des enfants dansant formidablement ces danses tchétchènes très rythmées, et de leur chorale chantant « petite Tchétchènie... »
Un des projets de l'organisation polonaise est de créer un petit centre Internet commun à l'université, au lycée et à l'orphelinat. Sa création doit intervenir rapidement. L'un des objectifs, dont on comprend l'ambition, est de mettre ces enfants en relation avec le monde et les écoles des camps de réfugiés en Ingouchie.
Les enfants ont atterri ici, il y a plus deux ans, les combats les ayant fait fuir de Grozny. Ils sont arrivés dans un état terrible au point qu'a force d'abandon, certains ne se souvenaient même plus de leurs noms. Depuis, cette ONG polonaise les a découverts et les aide à penser que le ciel n'est pas obligatoirement rempli de menaçants hélicoptères de combat, ni que les adultes n'ont pas tous le terrifiant visage des forces spéciales russes déployées dans la région.

Les écoles des camps de réfugiés en Ingouchie.

Nous avons rencontré à nouveau L'ONG britannique CPCD qui est très investie dans les projets scolaires. Outre la rénovation d'écoles à Grozny, cette ONG gère huit écoles pour les réfugiés en Ingouchie. 7 écoles accueillent des réfugiés de Tchétchénie. Une des réfugiés ingouches expulsés d'Ossétie du Nord en 1992 à la suite de la guerre entre l'Ingouchie et l'Ossétie du Nord.
Certaines de ces écoles sont des bâtiments en bois, d'autres utilisent des tentes. Le principal problème que rencontre CPCD n'est plus le paiement des salaires qui est maintenant réglé : l'UNICEF et d'autres organisations internationales acceptent de payer les salaires des profs. Désormais c'est l'équipement des écoles qui est le souci principal. Il manque du mobilier (tables) et des livres scolaires. Ces écoles ont, aussi, peu de moyens pour faciliter l'apprentissage des langues. Un équipement des écoles en magnétophone serait utile.

Financement de matériels pour 8 écoles de réfugiés

Après discussion avec les responsables de CPCD sur place nous sommes convenus de financer ces équipements pour ces huit écoles. Le montant n'est pas faramineux puisqu'avec 3000 euros on peutt équiper toutes les écoles concernées.
Nous avons également envisagé avec CPCD un projet plus ambitieux : la réhabilitation d'une école à Grozny. Les écoles à Grozny sont classées en fonction de deux critères : leur grandeur et leur niveau de destruction. Le coût de réhabilitation d'une école moyenne détruite partiellement tourne autour de 15 000 euros. Ce n'est qu'une estimation standard, car fréquemment on découvre une fois les travaux commencés que les dommages sont plus graves qu'envisagés. Mais cela donne un ordre d'idée. En fonction des sommes que nous collecterons, nous pourrons envisager un tel projet ou au moins y participer.

Continuer

Les réfugiés ont l'impression d'être abandonnés de toute part. Les récents développements en Géorgie ont encore accentué le phénomène. Mais dans le même temps on ne sent pas de sentiment de haine. On sent au contraire une volonté de vivre en paix et libre. Nous voulons soutenir ce sentiment de liberté et de paix.
Notre projet autour des écoles est un moyen de soutenir à long terme le peuple tchétchène. Les jeunes ont besoin d'apprendre pour construire plus tard leur pays. Les jeunes ont besoin d'éducation pour échapper à la guerre aux mines et à leurs risques permanents.

Une solidarité syndicale

Notre solidarité reste d'abord une solidarité syndicale. Nous agissons en fonction de l'argent que nous collectons auprès du public. Et nous l'utilisons pour soutenir des projets clairement identifiés en expliquant que cette action n'est pas simplement humanitaire mais qu'elle est aussi solidaire . Nous sommes solidaires des réfugiés. La situation qui leur est faite est profondément anormale. Les Tchétchènes ont droit de vivre en paix.

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Orphelinat du camp de Natcheretchnoe

Orphelinat du camp de Natcheretchnoe

Les comptes du convoi

Frais

 
Transport  
 Paris-Moscou1200,51
 Moscou-Nazram754,67
 Taxi et autres213,67
Nourriture  
  281
Hébergements  
  224,67
Visas 
  673,33
Autres  
  19,50
Total  
 3367,34

Dons

IHI2600
CPCD3100
Total5700

Montants en euros

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Forum social européen de Florence

Constitution d'un réseau
européen de solidarité

A Florence, au forum social européen nous avons conjointement avec le comité Tchétchénie de Paris animé un séminaire sur la Tchétchénie où a été élaboré cet appel

La prise d'otages de Moscou a brutalement rappelé la sale guerre qui est menée depuis trois ans en Tchétchénie contre un peuple victime quotidiennement des actions terroristes des forces armées russes.
Cette barbarie ne peut cependant être combattue par d'autres méthodes barbares. Rien ne saurait justifier la prise d'otages de Moscou.
Dans cette circonstance la solidarité démocratique avec le peuple tchétchène est indispensable.
Nous décidons de constituer un réseau européen de solidarité avec le peuple tchétchène. Ce réseau demande la fin des hostilités en Tchétchénie ; la recherche d'une solution politique et pacifique au conflit.
Il exige dans un premier temps :

Il demande l'ouverture de négociations sans préalable entre les autorités russes et les représentants du président élu de la Tchétchénie Maskhadov
Nous demandons instamment à l'Union européenne :
Nous appelons à une journée européenne de solidarité avec le peuple tchétchène le 23 février 2003.

Les participants au séminaire Tchétchénie du 1er forum Social Européen,
Firenze (Florence) le 8 novembre 2002

Cet appel est également disponible en anglais, en allemand, en russe

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Continuer notre action

Aider au fonctionnement d'une école informatique pour les jeunes réfugiés

Soutenir l'orphelinat de Nardterechnoe

Réhabiliter un centre culturel
et éducatif à Grozny

Nous persistons. Notre engagement aux côtés des réfugiés tchétchènes est encore plus important après la prise d'otage du théâtre Doubrovka.
Nous avons reçu, en septembre dernier, l'appui de l'hebdomadaire « Le Nouvel Observateur » pour notre campagne de soutien aux écoles tchétchènes. Nous voulons maintenant en liaison avec l'ONG britannique CPCD contribuer à la remise sur pied d'un centre culturel à Grozny.
Nous voulons continuer de soutenir l'orphelinat de Natcheretchnoe. Tout travail y devient très coûteux compte tenu des problèmes de sécurité et des protections qu'il faut payer y compris pour aller dans le Nord de la Tchétchénie.
Nous voulons également soutenir les écoles informatiques pour les jeunes réfugiés à Nazran et à Natcheretchnoe. Permettre à ces jeunes d'entrer en contact avec d'autres jeunes du monde entier serait un éclair dans une vie faite d'horreur.
Mais nous voulons aussi, nous inscrire dans un projet plus ambitieux avec l'ONG britannique « Centre for Peace Making and community Developpment ». Il y a, à Grozny, un centre culturel et éducatif. Il ne fonctionne pas du tout. Il a été considérablement endommagé par les combats. Dans le passé ce centre abritait toutes sortes d'activités éducatives. Pêle-mêle, on y jouait du théâtre, on y écoutait des concerts, on y tenait des séminaires éducatifs , et des programmes de formation professionnelle.
Le coût total de la reconstruction du centre est de 30 000 euros. Nous ne pouvons pas assumer une telle somme à nous seuls. Mais nous pouvons y contribuer. Et nous voulons le faire.
Ce centre servira aux enfants des écoles mais aussi à promouvoir une société tchétchène ouverte et multiculturelle.
Une nouvelle fois nous faisons appel à votre solidarité et à votre générosité.

Convoi syndical
23, rue de la Mare. 75020 Paris.
Tél : 01 44 62 12 88. Fax : 01 44 62 12 43.
E-mail : convoi.syndical@ras.eu.org
Chèques à l'ordre de Convoi syndical
CCP N° 27 964 96 A, centre de Paris.