Convoi syndical pour la Tchétchénie


Brèves de Tchetchénie

La guerre continue

La guerre en Tché-tchénie est tout sauf terminée. Avec le prin-temps les opérations militaires des combat-tants tchétchènes ont repris avec une plus grande intensité. Les es-carmouches sont quoti-diennes à Grozny. La ville est toujours minée. On y compte une dizaine de morts chaque jour. Et l’administration russe de la Tchétchénie qui voulait s’installer à Grozny vient de renoncer à ce projet en raison de l’insécurité.

Le gouvernement de Poutine continue la guerre, mais affirme que la paix est revenue. Pris dans cette contradiction, il ne sait comment se sortir du bourbier dans lequel il s’est installé. Parmi la population russe, le sentiment anti-guerre grandit, et seule une majorité relative soutient désormais les opérations militaires.

La situation sociale et démocratique

La situation sociale en Russie reste profon-dément marquée par la remise en cause sys-tématique de tous les acquis des travailleurs. Le nouveau projet du code du travail est en-core en discussion à la Douma. Il propose, entre autre, de porter la longueur de la jour-née de travail de 8 à 12 heures. Dans le même temps que le pouvoir mène son offensive militaire en Tchétchénie, il s’en prend aux droits des travailleurs et aux droits démocratiques.

Le contrôle de l'infor-mation sur la Tché-tchénie a été consi-dérablement renforcé dans les médias russes. La politique officielle de « renforcement des médias d'Etat » en charge de « la dif-fusion d'une informa-tion fiable aux cito-yens russes », a été mise en œuvre de façon systématique. Les conditions de travail des journalistes se sont considé-rablement dégradées. Au moins six jour-nalistes ont été tués dans l'exercice leur métier en Tchétchénie

Pas d'écoles pour les enfants de réfugiés

Selon le Danish refugee council, 32 000 enfants de réfugiés ont entre 7 et 12 ans. Seuls 12 000 peuvent aller à l'école. Les autres ne reçoivent aucune instruction du fait de la faiblesse des aides internationales.

Le taux de scolarisation des enfants de plus de 12 ans est plus faible encore.

La situation des enfants d'âge préscolaire est également redoutable. Sur les 20 jardins d'enfants existant en Ingouchie avant la guerre, 14 sont partiellement ou totalement occupés par des réfugiés.

Bombardement de l'institut pédagogique de Grozny

Le 20 décembre, le siège de l’institut pédagogique, situé dans le quartier Olimpisky, était soumis à un tir nourri d’artillerie lourde - grenades, obus, grad - depuis deux check-points situés aux entrées du quartier, et une colonne de blindés installée en vis-à-vis. Les tirs ont commencé à 8 h 30 du matin, à l’heure où les étudiants et écoliers entraient en classe. Beaucoup d’élèves se sont réfugiés dans les caves et ne sont ressortis qu’au moment des acalmies ; les tirs ont alors systématique-ment repris «psur tout ce qui bougeait ».

Cinq étudiants et un chauffeur sont morts, une centaine de personnes - parents, étudiants et écoliers - a été blessée.

Les étudiants savaient qu’il y aurait une opération de nettoyage ce jour-là, mais ils avaient décidé d’aller en cours parce que c’était jour d’examen. Ils ont subi deux guerres coup sur coup - 94-96 et 99... - ce qui fait que nombre d’entre eux recommencent pour la deuxième ou troisième fois la même année scolaire. Certains ont demandé aux soldats pourquoi ils avaient tiré sur la zone scolaire et ont eu pour toute réponse : « les nôtres se font tuer, alors nous aussi, on tue » .

Retour en haut

Retour à l'accueil