Convoi syndical pour la Tchétchénie


Financer l’ouverture d’une école secondaire dans le camp de Bart

La situation générale de l’éducation pour les enfants réfugiés

La plupart des enfants tchétchènes n’ont pas pu aller régulièrement à l’école depuis plusieurs années. La majorité des enseignants, ainsi qu’une bonne part de l’intelligentsia qui travaillaient en Tchétchénie, avant l’indépendance, étaient russes. Ils ont commencé à quitter la Tchétchénie en 1991. Ensuite il y a eu la première guerre (1994-96). Au cours de l’après première guerre, certaines écoles ne fonctionnaient que pendant les mois les plus chauds en raison de l’absence de chauffage et des destructions. Ces écoles fonctionnaient avec 2 ou 3 équipes de travail. Les salaires n’étaient payés, dans le meilleur des cas, que de manière sporadique. Les enfants souffrent de nouveau de l’absence de système scolaire depuis octobre 2000 et l’éclatement de la deuxième guerre de Tchétchénie.

Actuellement, certains des enfants qui sont dans les camps de réfugiés, ouverts par le ministère russe des situations d’urgence, peuvent avoir accès à des écoles provisoires ouvertes sous des tentes.

Les enfants des familles de réfugiés, qui sont accueillis par des familles Ingouches ou qui sont locataires de logements en Ingouchie, peuvent avoir accès aux écoles ingouches. En revanche, les enfants des familles qui vivent dans des camps ouverts spontanément par les réfugiés (souvent des anciennes étables, écuries, des jardins d’enfants ou des friches industrielles) ont en général été oubliés. En gros, 20 000 enfants tchétchènes réfugiés en Ingouchie n’ont eu aucun accès au système scolaire pendant l’année 2000.

Les enseignants ont récemment manifesté en liaison avec les syndicats pour obtenir le paiement de leur salaire.

La situation de l’éducation dans le camp de Bart

Le camp de Bart est un camp de tentes. Il a été construit le 1er octobre 1999. Mais bon nombre de réfugiés était arrivé dès le 24 septembre 1999. Sur le registre officiel du camp, à la date du 7 novembre 2000, on décomptait 6318 personnes (1702 familles) dont 2 857 hommes, 3461 femmes, 1370 enfants de moins de 6 ans, 2732 enfants de 6 à14 ans.

Dans le camp, une école fonctionne. Mais pour les seuls enfants âgés de 7 à 12 ans. Les autres ne suivent aucune scolarité.

L’ONG britannique CPCD (centre for peace making and community development), a obtenu un financement de l’Unicef, pour construire une école en bois. Il y a des enseignants sans emploi parmi les réfugiés. Ils pourraient travailler pour cette école. Mais ils souhaitent être rémunés, et la subvention en provenance de l’Unicef ne peut pas être utilisée pour payer des salaires.

C’est de cette situation qu’est la volonté de construire un projet en commun entre CPCD et le convoi syndical. CPCD, qui est présent sur place, prendrait en charge la construction de l’école et le convoi syndical financerait pendant un certain temps les salaires des enseignants.

Mais comme il ne s’agit pas de se substituer à des autorités défaillantes, nous nous proposons de le faire pour un an. Et ce, tout en demandant aux autorités nationales et internationales de financer ces salaires. Enfin nous voulons établir des liens avec les syndicats des enseignants ingouches et tchétchènes.

L’école que nous voulons

L’école comprendra 5 classes, et il faudrait 6 enseignants. Le salaire est de 2000 roubles par mois, soit un total de 144 000 roubles (environ 36 000 francs).

L’école qui fonctionne à Bart est dirigée par l’armée du salut. Cette organisation a fourni la liste des élèves susceptibles de suivre cette scolarité secondaire.

L'école aura 4 salles de classe, plus une salle des profs qui pourra servir pour des cours supplémentaires. Il faudra une équipe de 6 profs en tout.

L’école recevra 250 élèves :

Chacune de ces classes sera divisée en 3 groupes de jeunes, qui viendront tous les jours à l'école, les uns après les autres, de telle sorte qu’il y aura toujours 4 cours au même moment.

CPCD est déjà en contact avec les adolescents de ce camp. 6 spécialistes de leur programme d’assistance psychologique travaillent avec les enfants et les adolescents traumatisés par la guerre. L’école devrait ouvrir en mars.

L’école aura également besoin d’équipements sportifs

Pour les garçons : Ballons de football, de volley, basket, survêtements, kimonos, des serviettes de bains et des chaussures de sport

Pour les filles : Maillots de type aérobic, cordes à sauter, survêtements, serviettes de bains et des chaussures de sport, raquettes de tennis et de badminton.

La situation matérielle au camp de Bart

Aide alimentaire : Distribution de 3,5 kg de riz, 4,5 kg de sucre, 1 litre d’huile et 13,5 kg de farine, par mois et par personne. Il n’y a ni viande, ni lait. Les légumes et les fruits ne sont distribués qu’aux enfants de 1 à 7 ans, irrégulièrement qui plus est. Les 1370 enfants de moins de 6 ans reçoivent aussi de la nourriture en petits pots. La Croix rouge distribue du pain (260 grammes par jour et par personne).

Chauffage : Les tentes sont chauffées par des poêles approximatifs. Les couvertures manquent, ainsi que les matelas.

L’eau : La situation hygiénique est désastreuse. La Croix rouge apporte de l’eau potable chaque jour et Emercom a construit une ligne d’eau à travers le camp avec plusieurs robinets. Pendant les mois d’été, les réfugiés ont manqué d’eau potable. Le lavage des vêtements est problématique.

Les sanitaires : Il y a 2 cabines comptant chacune 12 douches, soit 24 douches pour 6318 personnes. Au mois de novembre les toilettes pour femmes étaient fermées parce que pleines. Et l’état des toilettes pour les hommes était épouvantable.

Santé : L’état de santé des réfugiés, aussi bien physique que psychique, est alarmant. Il y a une infirmerie avec un docteur Ingouche et une seule infirmière. La distribution des médicaments est très aléatoire. Il y a une épidémie d'hépatites et une autre de tuberculose. Pour séparer les tuberculeux des autres réfugiés, on les regroupe dans des tentes qui leur sont réservées. La gale se développe, et des réfugiés souffrent d'anémie en raison du manque de vitamines.

De 100 à 150 personnes arrivent à travailler. Elles participent à la reconstruction de maisons, font le taxi (pour ceux qui ont la chance de posséder encore une voiture), ou travaillent sur les divers marchés.

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