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Convoi syndical pour la Tchétchénie

Le retour

  • Samedi 25
  • Vendredi 24
  • Jeudi 23
  • Mercredi 22
  • Mardi 21
  • Les jours précédents

    Samedi 25 novembre

    Rebondissement : vers 22 heures, les douaniers sont venus les trouver dans le camion, où ils dormaient. C'est la première fois qu'ils ont été heureux d'un réveil douanier. En effet, la douane s'est aperçue qu'il était possible de leur faire une sorte de laisser passer.

    Il faut croire que le bon sens a frappé. Les différents coups de fil qui ont interrogé le poste de douane ont poussé ses agents à ne pas sombrer dans le ridicule.

    Ils vont rouler jusqu'à la frontière allemande aujourd'hui. Mais demain repos forcé. Les camions ne roulent pas le dimanche en Allemagne.

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    Vendredi 24 novembre

    Au matin ils sont contents. Ils se rapprochent de la frontière Polonaise. Ils y arrivent vers midi. et là, nouveaux ennuis. La douane et la police biélorusse les laisse passer. Arrivés au poste frontière polonais, ils sont une nouvelle fois bloqués. On leur reproche de ne pas avoir de document de transit pour traverser la Pologne. Ils affirment respecter tant la souveraineté que l'intégrité de la république de Pologne. Mais ils aimeraient pouvoir rentrer chez eux. Ils sont maintenant partis depuis quatre semaines, jour pour jour. les douaniers restent intraitables.

    Il se fait tard. On est à la veille du week-end. Le chef est déjà rentré chez lui. le douanier de base ne peut pas les laisser passer. On essaie de faire ce que l'on peut pour lever l'intransigeance douanière. L'organisation humanitaire polonaise téléphone à la douane de Cucuriki (nom du charmant poste où ils sont en rade). On lui explique que la seule possibilité est d'acheter le document de transit à d'autres chauffeurs non polonais. Prix de l'ordre de 100 $. On téléphone à l'ambassade de France à Varsovie. On tombe sur quelqu'un qui se démène. Marc Leroi. il téléphone au bureau de douane. On lui dit que des transitaires peuvent établir le document tant désiré.

    On rappelle Eric et Vincent. Ils sont en train de manger, pour le quatrième jour consécutif, leur soupe au chou. Ils vont en mettre en chasse du transitaire qui pourrait les libérer.

    On essaie de mobiliser des syndicalistes et des parlementaires pour qu'ils demandent à la douane de lever sa barrière à l'encontre d'un camion vide qui ne veut rien d'autre que de traverser la Pologne en toute amitié et légalité.

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    Jeudi 23 novembre

    Il est difficile de les joindre. Ils sont en Biélorussie, mais sur la route qui longe la frontière ukrainienne. Elle n'est pas couverte par les systèmes de téléphone mobile. Ils roulent sérieusement.

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    Mercredi 22 novembre

    Ils ont roulé toute la journée. Mais Ils ne sont arrivés qu'à 300 Km de la frontière biélorusse. La route n'est pas très bonne. Le paysage est givré. Par endroit la route est glacée. Mais ils sont chanceux. Il n'a pas encore neigé. Il n'empêche, ni l'état de la route, ni les conditions de circulation ne permettent d'aller très vite. la moyenne reste de l'ordre de 50 km.

    Sur le front du racket, ils ont découvert quelque chose de nouveau. Ils ont été taxés de $30 pour usage de téléphone portables non enregistré en Russie.

    La veille au soir, dans un café au décor banal à pleurer, ils avaient chanté avec une aubergiste fort accorte. Ils l'ont soupçonné d'être une haltérophile bulgare blanchissant EPO, corticoïdes et anabolisants. Ils ont chanté ensemble Joe Dassin et Édith Piaf.

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    Mardi 21 novembre,

    Le camion, sur la route du retour, a encore rencontré des spécificités russes.

    La première c'est l'hiver. Il y a du verglas. La route est gelée par endroits. Elle glisse beaucoup et la moyenne baisse : 50 km heures. Ils sont arrivés à Voronez, où ils vont passer la nuit.

    Deuxième originalité : les services de police. Ils n'ont été arrêtés qu'une fois, mais cela leur a coûté 1000 roubles (environ 250 francs). Motif : ils avaient parcouru hier un trop grand nombre de kilomètres. Mais ils avaient déjà payé, hier, pour cette infraction. En liquide comme il se doit et, foin de formalisme paperassier, sans recevoir de reçu. Et comme ils n'ont pu présenter aujourd'hui la preuve du paiement d'hier, ils ont dû casquer une nouvelle fois. Qu'on se rassure, aucune attestation de paiement ne leur a été fournie. Ils peuvent donc s'attendre à payer une nouvelle fois demain...

    Demain ils espèrent arriver à la frontière Biélorusse. S'ils l'atteignent ils auront fait une très grosse journée. Mais ils sont fatigués d'être rackettés.

    Dans son dernier rapport sur le Caucase Nord, portant appel de fonds pour l'année 2001, l'ONU estime que :

    "Les besoins primaires, des populations déplacées en Ingouchie, en nourriture, en eau, en matière d'accueil, de santé, comme en matière sanitaire, sont couverts. "

    Au camps de Bart vivent 6318 personnes. Elles disposent de 24 douches, et les toilettes pour femmes sont fermées. Au camp de Zvezdochka vivent 4568 personnes. Elles disposent de 12 douches.

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