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Convoi syndical pour la Tchétchénie

Medecins du Monde vient de publier un rapport sur la Tchétchénie. On peut, notamment y lire :

"En Tchétchénie, les mines anti-personnelles posées par les militaires russes ont remplacé les bombes.

"Guerre ou pas guerre, on ne sait plus ce que c'est maintenant, comment appeler ça, mais il y a énormément de mines, beaucoup plus que pendant la première guerre" commente un médecin de Grozny.

Aujourd'hui, 90% des interventions chirurgicales concernent des blessures par mines de civils.

L'incidence et la prévalence des traumatismes très sévères par mines et pièges explosifs augmentent très rapidement, dans des proportions inquiétantes.
Ainsi, la situation à l'hôpital n°9 de Grozny, qui accueille les urgences chirurgicales de la ville, est un témoin de cette "nouvelle guerre" conduite contre les civils et les enfants en particulier : en juillet, c'était une personne par jour qui arrivait à l'hôpital ; en octobre, ils sont quotidiennement plus de cinq.

Tout le territoire tchétchène est miné.
Les ruines de Grozny (les gens sautent sur les mines en voulant déblayer les gravats, les enfants sont tués ou blessés lorsqu'ils partent à la recherche de métaux de récupération) mais aussi les routes, les campagnes, les forêts (et les accidents vont augmenter au cours de l'hiver, car pour beaucoup de gens, couper du bois pour le chauffage est une question de survie). Des chemins et des routes qui étaient sûres peuvent ne plus l'être le lendemain. Il arrive aussi que des soldats russes sautent sur leurs propres mines.

La prise en charge des blessés par mines est extrêmement difficile.
Lorsque l'accident survient à Grozny ou dans une ville dotée d'une structure chirurgicale, les blessés peuvent être sauvés. Cependant, les check-points et le couvre-feu rendent l'accès aux soins très problématique, surtout dans des situations d'urgence vitale. Nous avons ainsi parlé avec un blessé grave qui a mis plus de deux heures pour arriver à l'hôpital distant d'un kilomètre.

Et si les actes chirurgicaux d'urgence sont assurés, il n'y a pas de structure pour prendre en charge les milliers de personnes amputées.

Ainsi depuis le mois de mai 53 patients (sur environ 30 000 personnes amputées) ont pu être opérées à Vladikavkaz (en Ossétie) mais ce centre d'adaptation de prothèses a une taille et une capacité d'accueil réduites. Aucune rééducation n'est réalisée à ce jour. Les personnes amputées sont confrontées à de nombreuses difficultés entravant les possibilités de prise en charge : les coûts des prothèses et d'un séjour hospitalier (8200 roubles par semaine) sont très élevés et l'admission a l'hôpital est impossible sans document d'identité. " Lire le rapport

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