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Convoi syndical pour la Tchétchénie

Le camion décharge la farine à Nazran !

Depuis une semaine, on attendait l'accomplissement des formalités douanières. En fait le camion était bloqué en douane depuis le mercredi 8 novembre au soir. Il a, enfin, franchit la porte du parking des douanes de Vladicauvcase hier soir 17 novembre. Il est arrivé à Nazran en début de soirée. Ce matin, 18 novembre, le camion s'est embourbé… à la sortie du parking. Il n'a pu être dégagé que vers 13 heures, heure locale. Et la farine va être déchargée ce samedi 18 novembre après midi. Les distributions commenceront peut être demain.

Récit d'une semaine d'attente

  • Lundi 20 novembre
  • Dimanche 19 novembre
  • Samedi 18 novembre
  • Vendredi 17 novembre
  • Jeudi 16 novembre
  • Mercredi 15 novembre
  • Mardi 14 novembre
  • Lundi 13 novembre

    Lundi 20 novembre

    Ils sont à la douane dès son ouverture. Il s'avère qu'ils n'ont pas besoin de l'original du T1 (c'est le nom poétique du document qu'ils attendaient). Ils partent donc sans retard. Eric est en forme. Il veut avancer. Ils seront toutefois arrêtés cinq fois par la police. Elle décrétera qu'a cinq reprises ils avaient violé le code de la route. Cinq fois ils devront régler sur le champ une amende. 20 $ pour la plus élevée. Les autres seront acquittées en roubles (20, 50 200 etc...)

    Ils ont un peu marre. Ils sont arrivés pour la nuit à Rostov sur le Don. Ils ont parcouru 700 km en un jour.

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    Dimanche 19 novembre

    Ce qui était impossible samedi est devenu possible dimanche. Le stockage dans les entrepôts du MGS était impossible samedi. On avait alors dit à Eric et Vincent qu'il fallait attendre lundi pour décharger les 12 tonnes restantes. Et puis dimanche, est ce l'action divine ? il a été possible de débarquer du camion ses précieux sac de farine. L'organisation polonaise PAH les prendra là pour les distribuer ensuite à Grozny et à Assinovkaya.

    Ce dimanche soir Eric et Vincent décide d'en finir. La farine est déchargée. Ils peuvent donc repartir vers l'ouest. Ils décident donc d'aller à Vladicauvcase afin de pouvoir récupérer le papier douanier qui leur fait défaut.

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    Samedi 18 novembre

    Opération visa. La clef a miraculeusement réapparue. La pénurie de formulaires a mystérieusement disparue. Eric et Vincent ont retrouvé le droit de séjourner légalement en Russie.

    Ils peuvent se consacrer maintenant au déchargement de la farine, et sa distribution va pouvoir commencer au plus tard lundi.

    Lorsque Xavier et Sandra étaient arrivés à Nazram, le lundi 6 novembre, on leurs avait indiqué que les camps d'Assinoskaya et de Sernovolsk avaient urgemment besoin de farine et de pain. Emercom redoutait même que les réfugiés de ces camps ne les quitte pour venir en Ingouchie en raison de la pénurie (bien réelle celle là) d'aide alimentaire. La distribution aurait du commencer, au moins à Assinovskaya, le mercredi 8 novembre.

    Elle ne va finalement commencer que le 19 et le 20 novembre. Le risque est maintenant qu'il y ait collision entre la distribution de notre farine avec les aides alimentaires d'AICF. En effet cette ONG, qui avait cessé toute distribution depuis 3 mois les reprendrait début décembre.

    Quelques heures plus tard...

    Eric et Vincent ont déchargé 10 tonnes de farine dans le camp de Severny à Sleptsovkaya. Le camion est arrivé au centre du camp où était le lieu de stockage. Ce fut un moment intense. La rencontre avec les réfugiés fut forte.

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    Vendredi 17 novembre

    Eric et Vincent obtiennent une escorte de l'ONU pour sécuriser le passage de la frontière. Ils se rendent vers Vladicauvcase vers 15 heures, heure locale. Ils vont réussir à sortir le camion du parking des douanes vers 18h 30. Et ils vont franchir la frontière Ossète une heure plus tard. Le camion sera gardé pendant la nuit sur un parking sécurisé.

    La farine est arrivée à destination, en Ingouchie à Nazran ! Il a fallu 22 jours pour atteindre le but. Plus de la moitié de ce temps a été consacré à l'accomplissement des différentes formalités douanières.

    Eric et Vincent rigolent. Le but est atteint. La farine est arrivée à destination dans cette mystérieuse ville de la petite république du Nord Caucase. A Paris, on débouche le beaujolais nouveau.

    Le HCR annonce qu'il va ouvrir un nouveau camp de 200 grandes tentes. Chaque unité pourra accueillir 20 personnes. Le HCR espère pouvoir loger dans ce camps jusqu'à 12 000 personnes. Le HCR veut, dans un premier temps, transférer dans ce nouveau camp les réfugié du camp de wagons de Zverzdochka. Mais ceux-ci ne veulent pas quitter leur train, ils le préfèrent à toute les tentes de la terre.

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    Jeudi 16 novembre

    Carine téléphone à la douane de Vladicauvcase. La situation s'éclaircit. Les douaniers comprennent la situation. Il sont d'accord pour laisser partir le camion.

    Côté visas la crise reste totale. Personne ne sait où est la clef de l'armoire des tampons. Et puis on leur susurre même qu'il y aurait, désormais, une pénurie de formulaire et qu'il faudrait en rationner l'usage à des cas vraiment importants…

    La lassitude commence à céder la place à la colère.

    Islan Gantamirov, le maire de Grozny nommé par les autorités russes, a déclaré que libertés ainsi que les droits fondamentaux étaient violés dans la capitale tchétchène où de " 15 à 20 personnes sont tuées chaque jour ".

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    Mercredi 15 novembre

    Sans visa à jour les déplacements deviennent problématiques. Aller à Vladicauvcase est aventureux. il faut franchir la frontière entre l'Ingouchie et l'Ossétie du Nord. Cette frontière est très loin d'être formelle. Entre les postes ingouche et ossète, il y a un no man's land de presque un kilomètre. Le poste ossète est gardé par de puissants barbelés. Il y a des chicanes, des ralentisseurs, des hommes en armes et de gros calibres en batterie. On peut se faire bloquer pour un rien. Et racket pour moins que rien. Le préalable est donc maintenant pour Eric et Vincent d'obtenir la prolongation de leur autorisation de séjour.

    Sur le front des douanes, on leur indique qu'on ne comprend pas les rapports entre le Secours ouvrier pour la Bosnie et le Convoi syndical. Les papiers douaniers sont faits au nom de SOB car c'est une association disposant d'une raison sociale. En outre SOB a du se être enregistré auprès de l'ONIC comme exportateur de céréales. C'est en effet nécessaire pour recevoir le certificat d'exportation qui, seul, permet de sortir des céréales de l'Union européenne.

    Eric et Vincent perdent patience.

    Les autorités russes on finalement refusé un train le 2957 tonnes de farine US données par le biais du programme alimentaire mondial (PAM) aux réfugiés tchétchènes. La farine est de mauvaise qualité. Et surtout sa teneur en métaux lourds est très largement supérieure aux normes russes. Le PAM va réexpédier cette farine vers une autre destination.

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    Mardi 14 novembre

    Cette fois ci le problème est celui des visas. Compte tenu de l'attente interminable la période de validité des visas n'est plus suffisante. Les visas d'Eric et Vincent expirent le 15 novembre. Il doivent donc accomplir des démarches auprès des autorités locales à Nazran. Là, tout baigne. On leur dit (toujours grâce au truchement de Maria) que la période de validité sera prolongée. Mais il y a un problème : la clef de l'armoire qui contient les formulaires et surtout les tampons est entre les mains d'une personne qui n'est pas là. Il y a donc une impossibilité de prolonger ce jour les visas.

    Eric et Vincent sont las.

    Les agences de presse rapportent que 40 hélicoptères de l'armée russe ont attaqué une base " terroriste " dans la région montagneuse de Vedeno.

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    Lundi 13 novembre

    Les analyses relative à la radio activité de la farine et à sa teneur en métaux lourds ont donné des résultats satisfaisants. Le camion devrait donc pouvoir dédouaner. mais il manque un papier, il faut donc encore attendre. Comme Eric et Vincent sont à Nazran, ils communiquent avec les douanes par téléphone via une traduction faite par Maria, la représentante de l'Action Humanitaire Polonaise. Carine appelle depuis Paris les douanes. Ont lui assure que le problème devrait être réglé demain.

    Eric et Vincent espèrent.

    Le journal " l'Ossétie du Nord " rapporte que les officiers du service de lutte contre les crimes économiques de Vladicauvcase ont découvert une installation illégale de raffinage de pétrole. La police a demandé la fermeture de cette unité de production. le journal indique que cette demande est tombée dans l'oreille d'un sourd. Il ajoute qu'apparemment cette installation fait partie d'une chaîne de production qui dispose suffisamment d'appuis hauts placés pour ne pas craindre la rigueur de la loi.

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