Retour à l'accueil

Convoi syndical pour la Tchétchénie

Le convoi au jour le jour

  • Vendredi 10 novembre
  • Jeudi 9 novembre
  • Mercredi 8 novembre
  • Lundi 6 novembre
  • Dimanche 5 novembre
  • Samedi 4 novembre
  • Vendredi 3 novembre
  • Mardi 31 octobre
  • Dimanche 29 octobre
  • Vendredi 27 octobre

    Vendredi 10 novembre

    L'attente se poursuit en douane. La situation n'est pas débloquée. Le Vice ministre ossète des situations d'urgence est, effectivement, intervenu auprès de la douane. Mais il faut procéder à des analyses. Elles sont faites dans la journée. Les qualités technologique et physique de la farine sont bonnes. Mais d'autres analyses sont nécessaires : celles relatives à la teneur en métaux lourds et celles servant à déterminer le taux de radioactivité de la farine…

    La ténacité des douaniers de l'Ossétie du Nord tient, en partie, à l'affaire du train de farine américain; car un train de farine US de quelques 48 wagons est bloqué par la douane de Valdicauvcase. Il lui est reproché d'avoir une teneur en métaux lourd très nettement supérieure aux normes russes. Et, d'autre part il semble que la qualité de cette farine soit médiocre. Il y a un conflit entre le Programme alimentaire mondial et les Russes à ce propos. Les autorités russes font procéder à des contre-analyses à Moscou, tandis que le PAM a envoyé des échantillons à Londres pour faire réaliser des contre-analyses. Mais le PAM a prévu, quoiqu'il arrive, que cette farine était apte à la consommation humaine. Il l'acheminera donc vers d'autres destinations si les Russes continuent de la refuser.

    Pour le moment il faut donc encore attendre lundi et la radio-activité de la farine. Mais la situation devrait se débloquer. On approche du but.

    Retour en haut

    Jeudi 9 novembre

    Tout au long de la journée il a fallu attendre et encore attendre. La douane attendait qu'un papier vienne de Moscou. Au surplus elle devait prélever un échantillon de farine pour faire des analyses. Voyant que tout cela risquait de prendre des heures voire des jours, les trois du camion sont allés voir le vice-ministre d'Ossétie des situations d'urgence. Il lui a été demandé de bien vouloir intervenir auprès des autorités douanières afin que cette farine puisse être distribuée aux réfugiés qui n'ont eu aucune distribution d'aide depuis 3 mois. Il y a donc urgence. Jeudi soir on nous avait laisser entendre que la situation pourrait se débloquer dans la matinée de vendredi.

    Nous avons continué les négociations avec le MGS sur les modalités de distribution de la farine. Comme l'ONG française AICF se propose de recommencer les distributions d'aide alimentaire à Sernovolsk et à Assinovskaya fin novembre, nous avons modifié le plan de distribution. 10 tonnes iront à Sernovolsk (sous forme de 20 000 pains de 600 grammes) , 7 tonnes à Assinovskaya. Les 5 tonnes restantes seront distribuées à Grozny par l'organisation humanitaire polonaise dans le cadre, en particulier, du programme de reconstruction de l'hôpital.

    Retour en haut

    Mercredi 8 novembre Le camion est arrivé mercredi 8 novembre vers 15 heures à Vladicaucase. Mais avant d'atteindre cette sorte de saint des saints du Caucase, les trois personnes qui sont à bord ont vécu, une fois encore, toutes sortes d'aventures.
    Ils ont, de nouveau, dû arroser les douaniers. Cette fois à la frontière interne à la fédération de Russie entre, d'une part, la Karbardie Balkarie et, d'autre part, l'Ossétie du Nord où se trouve le bureau de douane de Vladicaucase (exOrdzhonikidze) compétent pour l'Ingouchie et la Tchétchénie.
    Arrivés là, ils ont dû attendre, une nouvelle fois, que la douane accomplisse son office. Et celui-ci ne peut intervenir sans un certain délai qui peut durer toute une nuit. Cela n'empêche pas les douaniers d'avoir des traits sympathiques. Voyant que nos trois compères arrivaient de loin ( 4900 km au compteur du camion) et qu'ils transportaient de la farine (marchandise qu'ils ne semblaient pas avoir souvent dédouanée), ils ont sorti une bouteille de Vodka et ont trinqué à l'amitié entre les peuples. Ils leur ont offert quelques charcuteries et samon fumé et quelques bières.
    Cela n'a rien changé à l'attente, mais a contribué à la rendre moins pénible. Vers 18 heures, il semblait clair qu'il serait nécessaire d'attendre le lendemain matin. Les trois occupants du camion ont donc décidé de laisser le camion sur le parking sous douane et d'aller vers un hôtel pour passer enfin une nuit dans un lit.
    Les deux autres personnes du convoi avaient, ce matin, rencontré Ruslan le chef du MGS (le ministère russe des situations d'urgence), à Sleptsovsk, petite ville située non loin de la frontière avec la Tchétchénie. Ruslan est un grand gaillard. Il a une poignée de main ferme. Il est habillé en treillis camouflé muni des signes distinctifs du ministère des situations d'urgence.
    Il nous dit sans ambages son propos. Il y a deux camps de réfugiés en Tchétchénie qui n'ont reçu aucune aide alimentaire depuis 3 mois. Il s'agit de lieux spontanés d'établissement des réfugiés situés à Assinovskaya et à Sernovoolsk. Dans le premier il y a 2 000 personnes et 4 000 dans le deuxième. Une ONG française (AICF) faisait des distributions mais les a arrêtées. Le MGS craint que, si cette situation de non-distribution dure, ces réfugiés se mettent en mouvement vers l'Ingouchie pour recevoir des aides et venir dans des camps déjà installés et surpeuplés. Or cela le MGS ne le veut pas.
    Faut il aider le MGS ? nous demandons-nous. Mais en fait, nous avons déjà vu que le MGS est incapable de remplacer, dans les camps qu'il a installés, les tentes qui brûlent. Alors comment pourrait il construire correctement de nouveaux camps ? Et puis ces réfugiés, après avoir du fuir la guerre, doivent-ils aussi fuir la faim ? Que peut il leur arriver de pire qu'un nouvel exode ? Est il souhaitable qu'ils quittent les locaux en dur qu'ils occupent pour passer l'hiver sous des tentes qui ne seront peut-être pas chaufées ? Notre opinion est plutôt favorable.
    Ruslan insiste. Il nous redit son souhait de voir notre farine distribuée là. Il se moque un peu de savoir quelles ONG feront la distribution. Il souhaite simplement la farine aille en ces deux endroits. Nous lui disons que nous n'avons pas de prévention vis à vis de cette idée mais, que nous avons besoin de nous consulter. Et de faire confirmer un certain nombre d'informations.
    En Sortant du MGS, nous décidons de rendre visite au "Center for peace making et community developpement". Après avoir navigué au travers de rues boueuses en Lada, nous arrivons dans une petite maison. Rien ne semble indiquer que s'y trouve une ONG qui fasse peur aux stratèges du MGS à Moscou. Et pourtant si. On nous introduit dans une cuisine. Mais, malheureusement personne ne parle ni le français, ni l'anglais. Nous essayons de nous faire comprendre. Mais finalement arrive une femme qui parle très bien l'anglais. Nous faisons la proposition au "center for peace making" de recevoir 587 sacs de 25 kilos de farine s'ils peuvent les distribuer Sernovoolsk. Ils se disent d'accord. Ils avaient justement l'intention d'agir dans cette zone. Mais ils préféreraient distribuer la farine sous forme de pain. Nous exprimons évidement notre accord. La qualité alimentaire du produit final consommé sera meilleure si la distribution se fait en pain plutôt qu'en farine.
    Il ne nous reste plus alors que l'accord de "l'Action Humanitaire Polonaise" (PAH en polonais), pour effectuer la distribution d'un tiers des 22 tonnes dans le camp "d'Assinovskaya" (soit 293 sacs de 25 kg). Maria nous donne son accord très rapidement. Nous transmettrons ainsi notre accord jeudi matin à Ruslan au MGS.

    Retour en haut

    Lundi 6 novembre

    Départ en début de matinée du camion. De nouveau environ 600 km en douze de route. Arrivée à 9 heures du soir à Rostov sur le Don. Pas de contrôles policiers au cours de la journée. Nous faisons des économies. La route est moyenne et la température baisse. Le vent du nord...

    Voyage par avion pour l'autre partie de l'équipe. Arrivée à Vladicaucase, où Maria la représentante de l'organisation polonaise " Action humanitaire polonaise " ne nous attend pas. Elle est bloquée à la frontière entre l'Ingouchie et l'Ossétie du Nord. 22 km séparent Nazan de Vladicaucase. Mais se sont les capitales de deux républiques différentes au sein de la fédération russe. Les traces de la guerre de 1992 entre l'Ingouchie et l'Ossétie du Nord sont vivaces.

    Maria arrive et nous emmène vers Nazran. Nous passons un premier check point, puis la frontière entre les deux républiques et enfin un contrôle policier. Tout baigne...

    Arrivés à Nazran, nous avons une courte réunion avec Maria. Nous préparons l'arrivée du camion et de la farine. Maria nous donne l'ensemble des informations techniques dont nous avons besoin. Rendez vous est pris pour demain 7 novembre anniversaire de la révolution russe.

    Retour en haut

    Dimanche 5 novembre

    Départ du camion vers 10 heures. Sur les 5 que nous sommes Trois partent avec le camion et deux rejoijoindrons Nazran directement par avion pour préparer l'arrivée de la cargaison. Le camion roule toute la journée mais non sans encombres. Ils sont arrêtés deux fois par des policiers zélés. Après discussions et palabres, la maréchaussée reste intraitable. Il faut en venir à des arguments plus convainquants : des billets verts. Avec une poignée de dollars, la route s'offre librement à eux. Ils feront environ 600 Km entre Moscou et Voronez sur des routes moyennes, et arriveront vers 20 heures.

    Les deux d'entre nous qui sont restés à Moscou rencontrent deux femmes tchétchènes de l'ONG britannique " Center for peace making " . Elles nous racontent la situation des Tchétcnènes. Elle empire de jour en jour. Grosny est toujours bombardée surtout la nuit. Il n'y a pas d'eau, pas d'électricité et très peu de gaz. Plus de 100 000 personnes vivent à Grozny dans ce qui reste d'immeubles ou de maisons. D'autres sont dans des camps de tentes aménagés sur le territoire de la ville.

    Retour en haut

    Samedi 4 novembre

    Il nous faut régler des problèmes de douanes. Nous nous rendons au Minitère Russe des situations d'urgence (qui a agréé notre dossier). Comme il est le destinataire officiel de la cargaison, il prend un oukase (une sorte de décret) pour déclarer que notre farine doit être acheminée et dédouanée à Vladicaucase. Le contact se passe bien. Nous sommes chanceux car toutes les administrations vont fermer pour 4 jours (anniversaire de la Révolution d'octobre qui depuis quelques années est le jour de la paix).

    Nous profitons de la journée pour régler quelques autres problèmes d'intendence.

    Le soir, détente. Nous sommes allés sur la place Rouge. Le mausolée est toujours là. Mais il n'y aplus de café Pouchkine et la place n'est pas vide.

    Retour en haut

    Vendredi 3 novembre - 11h

    Le camion est arrivé hier soir, à Moscou. Eric et Vincent ont passé 24 heures à attendre à la frontière entre la Biélorussie et la Russie. Il ont du attendre que les douaniers les laissent passer. Ils ont été stockés sur un parking de TIR., puis emmenés, dans une usine désaffectée où la douane a finit par accomplir son office. Mais une fois la frontière passée, ils ont été une nouvelle fois arrêtés et emmenés à Smolensk. Arrivés dans cette riante cité à 12 h le jeudi 2, ils n'ont été relâchés que vers 16 heures. Sans avoir eu de nouveaux papiers... Sur la route de Moscou, ils ont été stoppés par la police qui a constaté que le chargement n'avait pas reçu d'autorisation de transit en Russie. La maréchaussée les a taxé de 100 $ à défaut de quoi elle leur proposait un cours séjour carcéral...Bizarrement, ils n'ont pas eu de reçu.

    Ils ont pu arriver à Moscou vers minuit. Et nous nous sommes tous retrouvés ce matin.

    Vendredi 3 novembre - après midi

    Nous avons été invités à participer à une rencontre entre des mineurs congédiés et un fonctionnaire chargé de la gestion de l'aspect social de leur problème. Les syndicalistes mineurs sont arrivés dans le bureau de ce responsable sans s'annoncer. Et ils ont demandé à être reçus. Après les quelques palabres d'usage, le responsable en question a accueilli la délégation. Nous en faisions partie ... à titre de journalistes. Vincent filmait. Le responsable ne le savait pas.
    Eux (les mineurs) : Nous devrions recevoir des allocations de compensation parce que la mine est fermée, et nous les recevons pas. On nous avait assuré qu'il y aurait des créations d'emplois annexes pour compenser la fermeture or il n'y en a pas eu.
    Lui (le responsable) : Je ne peux pas vous dire. Il y a dans mon dossier la liste des cas qui peuvent prétendre à ces aides. Donc il n'y a pas de problèmes.
    Eux : Pourtant nous ne recevons rien et il n'y pas eu de création d'emplois. En fait l'argent est détourné.
    Lui : Je sais que l'on dit cela, c'est peut être vrai. Mais je ne peux rien faire.
    Eux : mais si vous savez que l'argent n'arrive pas aux mineurs pourquoi continuez vous de l'envoyer au gouverneur de la province ?
    Lui : Il y a eu des contrôles par le ministère des finances qui prouvent que l'argent arrive au bon endroit. En fait le problème vient de ce que la loi sur le charbon qui a été voté par la Douma est mauvaise.
    Eux : En attendant, on ne reçoit toujours rien.
    Lui : Il faut du temps pour approfondir les contrôles et réfléchir.
    A ce moment ce responsable s'aperçoit qu'il est filmé
    Lui :si vous voulez faire venir la presse, il faut faire une demande préalable et recueillir un avis favorable..
    A ce moment l'un de nous en sa qualité de journaliste pose une question : Pourquoi continuez vous d'envoyer l'argent si vous savez qu'il n'arrive pas à ses vrais destinataires ?
    Lui :......
    Eux :Pourquoi ne venez vous pas sur place pour voir qu'elle la situation concrète, et considérer combien elle est différente de ce que vous apercevez depuis Moscou ?,
    La rencontre s'est terminée de cette manière.

    Après discussion avec les mineurs, il s'avère que le Programme Européen TACIS d'aide aux pays de l'ex-URSS soutient le plan de fermeture des mines. Et qu'une partie de crédits de ce programme devrait servir à la reconversion des mines et des mineurs. Ceux-ci suspectent fortement qu'une partie de cet argent est détourné. Par ailleurs, ils sont furieux des ambitions de ce programme qui prétend fermer une mine où 1800 personnes travaillent encore et ne garder, d'ici 2002, que 200 personnes.

    A la sortie les mineurs présents et ceux qui les soutenaient, en tout une vingtaine de personnes, étaient très contents. Evidement le dossier n'est pas débloqué, mais ils ont l'impression d'avoir fait un bon coup. Une négociation façon " The big one "

    Vendredi 3 novembre - soir

    Autre rencontre avec des syndicalistes, essentiellement en gagés dans une bataille contre le nouveau code du travail que le gouvernement veut imposer.

    Nous sommes dans une cave d'un immeuble de Moscou. Il n'y a pas de fenètre. L'endroit devient vite enfumé et moite.

    Nous sommes chaleuresement accueillis. Ils ont préparé un buffet avec des biscuits, du café, du thé et de la bière. Nous leur offrons une bouteille de cognac.

    Le code du travail actuel (fort peu appliqué dans les faits), est celui qui existait du temps de l'URSS. Il prévoyait au moins formellement de nombreuses garanties pour les salariés. Par exemple il n'autorisait les licenciements qu'après accord des syndicats.

    Le gouvernement russe d'aujourd'hui veut depuis plus d'un an changer ce code et faire adopter, par la douma, un texte déréglementant le marché du travail. La journée de travail pourrait être de douze heures par exemple. Ces syndicalistes mènent une grande campagne contre ce texte, alors que les syndicats officiels refusent de mobiliser contre ce projet. Il est prévu, le premier décembre, jour du début de la discussion, une journée de manifestation. Ils souhaitent que soient organiser, ce jour là, des manifestations et des piquets devant les ambassades russes en Europe.

    Retour en haut

    Mardi 31 octobre 21 heures

    Le camion a atteint la frontière avec la Biélorussie lundi vers 18 heures. Mais Eric et Vincent n'ont repris la route en Biélorussie que 24 heures plus tard. Ils ont passé la nuit à faire la queue en vue de quitter la Pologne. Puis arrivé en Biélorussie à Brest (ex Brest-Litovsk) ils ont passé 10 heures à régler des problèmes douaniers.

    Les autorités biélorusses n'étaient pas satisfaites du certificat de qualité de la farine que nous avions fourni. Pourtant nous avions envoyé, en juillet, à Emercom, le type d'analyses et de certificat de qualité de la farine que nous nous étions engagés à faire réaliser . Et Emercom a validé notre dossier sur cette base. Donc on ne nous avait jamais informé de la nécessité d'utiliser un formulaire particulier pour ce certificat de qualité de la farine.

    Renseignements pris, il semble qu'un train de farine (de 38 wagons) donné par les USA au programme alimentaire mondial (organisme de l'ONU qui réalise les aides alimentaires) pour la Tchétchénie soit bloqué à la frontière pour cause de farine avariée et de mauvaise qualité. C'est ce qui aurait provoqué ce brusque formalisme des douaniers biélorusses. Mais la farine que nous transportons n'est pas avariée. Le blé a été écrasé mardi 24 octobre. De plus les critères qualitatifs sont bons (H2O inférieure à 13%, teneur en protéines de 11,9%, Zélény supérieur à 40.... les connaisseurs apprécieront!)

    Ce qui prouve, une fois de plus, que les aides alimentaires servent trop souvent à écouler les surplus invendables des pays riches. Mais c'est justement ce que nous sommes refusés à faire. Nous avons demandé à la coopérative qui nous gratuitement fourni cette farine des minimums qualitatifs systématiquement très supérieurs aux exigences requises lors des appels d'offre de l'Union européenne pour ses aides alimentaires. Et nous l'avons fait, justement, parce que nous voulions une farine de bonne qualité qui puisse faire du bon pain même dans des conditions de panification extrême (à domicile, sans les instruments nécessaires).

    La vérité sera utilement découverte dans les fours à pain, même s'ils sont de fortune.

    Mais l'essentiel n'est pas là. Le camion a passé la frontière biélorusse. Notre plan de marche est respecté. Nous nous retrouverons tous à Moscou jeudi. Carine a pris l'avion hier et s'apprête à nous accueillir tous.

    Eric et Vincent passeront sûrement ce soir une bonne nuit. Ils l'ont métrite. A jeudi !

    Retour en haut

    Dimanche 29 octobre 20 heures

    Le camion a roulé samedi toute la journée. Il est arrivé à Francfort sur Oder en début de soirée. Là, il a fallu attendre plusieurs heures pour passer la douane. Le précieux chargement n'est donc arrivé de l'autre côté du fleuve, c'est à dire en Pologne, que dimanche matin. Les formalités douanières pour transiter à travers la Pologne ont été longues.

    Et au surplus, les douanes polonaises ayant constaté que des réservoirs du camion étaient pleins, ont exigé une taxe de 700 DM, pour importation de gasole sur le territoire polonais. Eric et Vincent ont argumenté que le convoi était humanitaire, mais la réglementation polonaise ne s'est pas laissée amadouer par ces belles paroles. Ils ont du céder à ce racket douanier, faute de quoi ils étaient invités à rester de longue heures sur les rives riantes de l'Oder de ce début d'automne.

    A 15 heures ils entrèrent en territoire polonais encadrés par deux autres camions en provenance de la France. Ils ont décidé de faire route en convoi jusqu'à Moscou. A 20 heures, ils ont levé le pied et après avoir mangé dans une auberge, ils s'apprêtaient à dormir dans le camion. Ils étaient à quelques 180 km de Varsovie. Ils devraient atteindre Brest (ex Brest-Litovsk), lundi en début d'après midi. Là, le passage de la douane, restait une inconnue.

    Retour en haut

    Vendredi 27 octobre 19 heures. Le camion du convoi syndical pour la Tchétchénie est parti.

    La farine a été chargée vendredi 27 octobre au matin à Reims. Le moulin (Euromill Nord) avait entièrement préparé la cargaison. Elle était composée de 10 palettes de 88 sacs de 25 kilos. Chaque sac porte une étiquette « Convoi syndical ». Les palettes étaient fortement entourées de films plastiques de telle manière qu'elles puissent résister à un long voyage (5000 km compte tenu du passage via Moscou) sur des routes dont certaines risquent d'être cabossées.

    La qualité de la farine est bonne. Conformément à la demande du ministère russe des situations d'urgence, elle a été analysée par un laboratoire officiel et indépendant du moulin. Elle devrait autoriser une bonne panification y compris dans des circonstances difficiles.

    Une fois le chargement effectué, le camion s'est dirigé vers le centre des douanes de Reims. Les formalité douanières ont été accomplies sans difficultés. Les documents douaniers sont nikels et le passage des frontières devrait s'effectuer sans problème au moins jusqu'à Brest (ex-Brest-Litovsk). Là, se fera l'entrée sur le territoire douanier russo-bielorusse. Il ne devrait a priori pas avoir de problèmes puisque le dossier a été agréé par Emercom. Toutes les demandes des autorités russes ont été respectées. Mais on se sait jamais et personne n'est parfait. Alors on attend avec impatience cet instant...

    Le moral du conducteur et du vidéaste qui l'accompagne étaient excellents. On s'est quitté un peu triste, mais contents : on se retrouve tous jeudi 2 novembre à Moscou.

    Retour en haut

    Retour à l'accueil