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Un convoi syndical pour la Tchétchénie

Le convoi syndical se propose d’envoyer un camion chargé de farine et de produits hygiéniques à destination de Nazram (Ingouchie).

Pourquoi un convoi syndical pour la Tchétchénie ?

Le convoi syndical est une idée simple : essayer de mettre en place une solidarité active matérielle et syndicale.

Solidarité matérielle : Le convoi syndical ce sont des salariés, des chômeurs, des paysans et des syndicalistes qui vont aider leurs collègues qui fuient à cause de la guerre. Dans le convoi se retrouvent des syndicalistes, venant de différents syndicats ou associations (SUD, CFDT, CGT, CNT, SOB -liste non limitative-- ) ainsi que des individus séduits par cette idée de solidarité active.

Notre volonté est, qu’autour de l'acte de solidarité concrète de l'envoi d'un camion, vienne s’agréger le plus grand nombre de personnes désireuses de faire avancer les choses Si malheureusement, nous ne pouvons arrêter les conflits à nous seuls, au moins essayons-nous de faire prendre conscience de la gravité des situations comme au Kosovo ou en Bosnie, il y déjà quelque temps. Notre action se situe aussi au niveau des entreprises et des quartiers. En Tchétchénie il y a une guerre atroce à laquelle nous nous opposons, et, aussi et surtout, un peuple qui s’enfonce chaque jour d’avantage dans la misère.

Or, nos gouvernements qu’ils soient à Paris, Bruxelles, Londres, ou Berlin, non seulement laissent Poutine faire sa sale guerre, mais n’accordent qu’une aide dérisoire aux réfugiés tchétchènes. La situation dans les camps s’aggrave de jour en jour comme le rapportent les témoignages des ONG présentes sur place. Le financement par le ministère russe des situations d’urgence des aides aux réfugiés en Ingouchie s’est arrêté le 1er février. Le 23 février, par exemple, dans un quartier du camp de Sputnik a été distribué en tout et pour tout comme nourriture 300 pains à 769 personnes.

Nous n'avons pas la prétention de supplanter les ONG ou les organismes internationaux sur le terrain. Nous voulons envoyer un camion là-bas parce que nos moyens sont infimes. Nous voulons faire de notre faiblesse une force. Et montrer que, si notre mobilisation nous permet d’envoyer un camion en Ingouchie, les moyens dont dispose la cellule d’urgence du ministère français de la coopération, ou l’organisme humanitaire de l’Union européenne ECHO sont largement suffisants pour assurer un logement décent et une ration alimentaire de base à tous les réfugiés tchétchènes. Notre action sera peut-être symbolique, mais elle sera exemplaire. Elle montrera que l’on peut faire changer les choses même à un niveau modeste. Elle contribuera ainsi à dénoncer la honteuse complicité de nos gouvernements avec les fauteurs de guerre russes.

Solidarité syndicale Notre volonté n’est pas de nous cantonner, bien que dire cela n’ait rien de péjoratif, à une prestation humanitaire Notre volonté n'est pas non plus d’être le courant qui permettrait de peser à lui seul sur les politiques actuelles (ne rêvons pas !).

Nous nous situons aux confluents de plusieurs types d'actions : l'humanitaire et le politique. Par nos actions, nous essayons d’intéresser le plus grand nombre de personnes à ce qui se passe ailleurs et de ne pas rester dans nos microcosmes professionnels. L’expérience nous montre que cela marche et, qu’ainsi, nous avons pu nouer des contacts durables avec des syndicalistes de terrain à l’arrivé, comme sur la route.

Comme au Kosovo ou en Bosnie, nous voulons créer des réseaux interactifs avec la France et ne pas considérer l'autre comme un assisté ou un réfugié.

L'idée du Convoi réside là : l’aide n'est pas une finalité en soi, mais le commencement d'une action différente, où les premiers contacts pris sur place aident à mettre en place des relations durables, des échanges de personnes dans les deux sens.

Nous avons participé à de nombreux convois depuis 1994 en Bosnie notamment vers la ville de Tuzla, puis un (convoi en 1999 en Macédoine) aux limites du Kosovo.

Aujourd'hui, face au " silence assourdissant " qui recouvre la Tchétchénie nous envisageons d'cnvoyer un semi - remorque rempli de farine et de matériel hygiénique, dans la régıon de Nazran où se situent de nombreux camps de réfugiés Nous prenons contact actuellement avec des .syndicats russes qui seraient intéressés par notre travail. Le départ de ce camion se situerait début avril.

Nous vous adressons donc à vous pour que vous fassiez connaître cette initiative dans votre (vos) organisations.

Nous vous invitons à une réunion de lancement de l’initiative.

Nous ne sommes subventionnés par personne. Nous réaliserons toute cette opération uniquement à partir des fonds que nous collectons, des dons en nature que nous recevons et des prestations gratuites que l’on voudra bien nous offrir. Nous avons besoin 100 000 francs.


Convoi syndical
c/o SUD PTT syndicat TMT,
23 rue de la Mare
75020 Paris.
Chèques à l’ordre de SOB CCP N° 38 485 85 k La Source
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" Convoi syndical "
Réseau militant et syndical

Actions entreprises dans le passé :

1994 : Invitation des syndicats de Tuzla à une visite en France

Août 1995 : envoi d’un camion à Tuzla en Bosnie en liaison avec des actions identiques en Grande-Bretagne, en Espagne.

Novembre 1995 : participation a un convoi vers Bihac, contact avec des postiers de Tuzla, dons de chaussures à l’association des femmes de mineurs cœur à cœur.

Août 1996 : voyage à Tuzla, contact en particulier avec les syndicats des PTT, des mines. et des enseignants.

Février 1997 : venue en France d’une délégation de postiers de Tuzla qui venaient de fonder un nouveau syndicat.

Mars 1997 : délégation de professeurs français en vue de nouer des contacts et, en particulier des jumelages entre écoles françaises et bosniaques.

Avril-juin 1997 : participations de 8 bosniaques de Tuzla et de Sarajevo à la marche européenne contre le chômage.

Août 1997 : voyage à Tuzla contacts avec les syndicats des banques, de l’usine de sel, des chemins de fer, de la chimie, des mines de charbon, de l’hôpital. Contacts avec les femmes réfugiées de Srebrenica.

Novembre 1997 : envoi à Tuzla d’un camion médical remis au syndicat de l’hôpital.

Octobre 1998 : délégation à Tuzla, à Sarajevo et à Vukovar. Contacts avec les réfugiés des camps de Spionica et de Mihatovici. Création d’une association au sein même du camp de Spionica - FRAN-BOS - Livraison de matériel de jeu pour les enfants et de matériel scolaire pour la rentrée des classes et des colis nominatifs de vêtements.

Mai 1999 : participation à un convoi avec SOS Bosnie Herzégovine de Tournus vers Sarajevo, Tuzla et Gornji Vakuf. Don d’une bétaillère pour l’école vétérinaire de Sarajevo, un tank à lait pour la ville de Gornji Vakuf pour que les paysans puissent fabriquer leur propre fromage.

Juin 1999 : envoi d’un camion à Tetovo Macédoine dans un camp de réfugiés kosovar en liaison avec le syndicat des enseignants de Macédoine

Octobre 1999 : voyage à Mitrovica au Kosovo. Contact avec le syndicat de la Mine de Trepca, avec le syndicat de l’hôpital, avec les syndicats enseignants.

Février 2000 : venue à Paris pour une semaine de Bajram Mustafa représentant du syndicat des mineurs de Trepca à Mitrovica.

 

 

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Fiche technique

 

Nous avons l’accord d’un grand moulin de la région parisienne pour nous fournir gratuitement un camion de farine si nous lui fournissons un camion de blé.

La farine sera conditionnée en sacs de 20 kilos palettisés, prêts à l’embarquement. Les sacs seront imprimés avec mention du convoi syndical.

Nous sommes à la recherche de blé via le syndicat CGT de l’ONIC. On devrait en trouver des quantités suffisantes gratuitement. Il faudrait alors payer un transporteur pour l’acheminer à Paris.

Nous avons pris contact avec une organisation danoise présente sur place en Ingouchie avec 200 personnes : le Danish Refugees Council. Ils sont d’accord pour distribuer l’aide moyennant rétribution. Les aides en dehors de cette organisation sont distribuées par le ministère russe de situations d’urgence ce qui, pour nous, est clairement inacceptable.

Pour la location du camion pour un mois et 10 000 km nous avons fait établir un devis : cela coûterait 42 000 francs (TTC). Il faudrait y ajouter le gas-oil 18000 Francs pour l’aller et 15000 pour le retour = 74 000 f. Il faut également compter les frais de douanes, de transitaires et les frais de déplacement. Comme nous comptons sur une délégation de 7 à 8 personnes au total (dont certaines pendant un mois) cela reviendrait finalement à 100 000 Francs.



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