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Convoi syndical pour la Tchétchénie

Un camion de farine
et de produits hygiéniques
pour les réfugies tchétchènes.

100.000 Francs !

100.000F, c'est le coût du transport. On loue un camion pour un mois et pour un forfait de 10.000km : 50.000F Il faut compter un budget essence de 20.000F. Les frais du conducteur seront de 200F/J pendant un mois : 6000F Nous voulons qu'une délégation puisse se rendre sur place et accompagner le camion. Le voyage Paris-Moscou-Nazram coûte 3000F soit 12.000F pour 4 personnes et le défraiement (partiel) pour la délégation : 200Fx10joursx4 personnes : 8000F. On considère qu'il faut se prévoir de la marge (garde du camion sur des parkings gardés et payants, des frais de douanes, la location éventuelle d'une voiture a Nazram pour se déplacer et rencontrer des syndicalistes, etc). Notre budget est donc serré. Tous les autres frais (fabrication de la farine, ensachage, palettisation, fourniture du blé, acquisition de produits hygiéniques) sont considérés comme nuls : nous avons la ferme intention de bénéficier de dons.

Convoi syndical c/0 SUD PTT (syndicat TMT),
23. rue de la Mare, 75020 Paris
Tel. 01 44 62 12 35 Fax 01 44 62 12 43
mail csb@ras.eu.org
Chèques à l'ordre de SOB CCP n° 38 485 85 k La Source

Solidarité matérielle

Le convoi syndical est formé de salariés, de chômeurs, de paysans et de syndicalistes qui vont aider leurs collègues, qui fuient a cause de la guerre. Dans le convoi se retrouvent des syndicalistes, venant de différents syndicats ou associations (CGT, SUD, CFDT, SOB -liste non limitative-) ainsi que des individus séduits par cette idée de solidarité active.

Nous voulons envoyer un camion là-bas parce que nos moyens sont infimes. Notre action sera peut-être symbolique, mais elle sera exemplaire. Elle contribuera ainsi à dénoncer l'honteuse complicité de nos gouvernements avec les fauteurs de guerre russes.

Nous avons pris contact avec une organisation humanitaire danoise (le Danish Refugees Council) qui est d'accord pour assurer une distribution, équitable et indépendante des autorités russes, du contenu du camion.

Solidarité syndicale

La volonté du convoi n'est pas de se limiter à une prestation humanitaire. L'expérience a montré que grâce à ce genre d'actions, on peut nouer des contacts durables avec des syndicalistes de terrain à l'arrivée, comme sur la route.

L'idée du convoi réside là : l'aide n'est pas une finalité en soi, mais le commencement d'une action différente, où les premiers contacts pris sur place aident à mettre en place des relations durables, des échanges entre syndicats et associations également opposés à la guerre.

Le convoi n'est subventionné par aucun organisme officiel. Cette opération se réalisera uniquement à partir des fonds que nous collectons, des dons en nature que nous recevons et des prestations gratuites que l'on voudra bien nous offrir.

La situation des réfugiés dans les camps en Ingouchie est détestable.

Il y a aujourd'hui, selon les autorités ingouches, 280.000 réfugiés tchétchènes sur le territoire de cette république de la fédération de Russie. Ils vivent dans le froid, dans des tentes le plus souvent non chauffées. D'autres sont accueillis dans des trains à 45 personnes par wagon. Les maladies se développent (tuberculose par exemple). La nourriture et les médicaments sont présents mais en quantités insuffisantes. L'eau potable est fortement contingentée.

Beaucoup de réfugiés redoutent de rentrer en Tchétchénie y compris dans les régions où les combats sont arrêtés. Les exactions des troupes russes continuent après la guerre. On rapporte des emprisonnements arbitraires en vue d'extorquer de grosses sommes d'argent. Les femmes sont soumises à des traitements horribles et à des viols.

Les destructions des habitations interdisent à de nombreux réfugiés de rentrer chez eux tant que le climat est froid. Mais pourront-ils reconstruire leur habitation ? Avec quel argent ? Des individus peuvent-ils réhabiliter des immeubles détruits par les bombardements ?

Nous, Convoi Syndical, voulons nous insurger contre cette situation. Notre gouvernement, non seulement soutient dans les faits la politique de Poutine, mais laisse ces réfugiés dans une situation de très grande détresse. Il n'envoie pratiquement aucune aide à caractère humanitaire. L'Union européenne ne donne pas d'aide aux populations Tchétchènes : elle ne connaît que la Russie. Nous voulons au nom de valeurs syndicales et ouvrières apporter notre solidarité aux salariés tchétchènes aujourd'hui transformés en réfugiés par la sale guerre de Poutine.

Notre position sur la guerre en Tchétchénie

La guerre en Tchétchénie continue et pousse chaque jour de nouveaux réfugiés sur les routes. La Russie poursuit une guerre coloniale contre le peuple Tchétchène. Et comme dans toute guerre coloniale, elle emploie des méthodes coloniales : camps de filtration, tortures. Elle s'accompagne, en Russie, d'un racisme généralisé contre les Caucasiens.

La " communauté internationale " laisse faire

La " communauté internationale " laisse Poutine faire sa sale guerre, et lui paie même une partie de celle-ci, grâce a des remises de dettes. Tony Blair, le premier ministre britannique après avoir passé un week-end avec Poutine l'a littéralement encensé. Les USA soutiennent sa politique car ils veulent que l'ordre règne sur le territoire de l'ex- URSS.

Le gouvernement français suit la même ligne et s'est même livré, via son ministre des affaires étrangères, à des descriptions avantageuses de Vladimir Poutine en le qualifiant de " grand patriote ".

Nous sommes contre cette guerre. Nous pensons que le peuple Tchétchène a le droit de choisir librement et démocratiquement son destin. Nous appelons à l'arrêt immédiat de l'agression russe et au retrait des troupes russes de Tchétchénie.

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